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19 décembre 2011
La zone euro pèse sur la croissance économique mondiale, selon les économistes de Desjardins
Selon les Études économiques du Mouvement Desjardins, la crise des dettes souveraines en zone euro s'est tellement aggravée qu'elle a éclipsé les autres grands problèmes financiers, économiques et politiques ailleurs dans le monde. « L'année 2012 sera encore difficile sur les plans économiques et financiers à l'échelle planétaire, mais une lueur d'espoir apparaît pour 2013 », a déclaré le vice-président et économiste en chef de Desjardins, M. François Dupuis.
Le Canada peut-il faire fi de la crise européenne ?
Alors que la situation économique se détériore rapidement en Europe, le Canada avancera à pas lents mais réguliers. La faiblesse de l'économie américaine donnera du fil à retordre à nos exportations. Les prix des ressources devraient aussi s'affaiblir en 2012, conséquence du ralentissement mondial. La demande intérieure perd de la force, reflet d'une confiance des consommateurs et des entrepreneurs malmenée par les inquiétudes provoquées par la crise financière en Europe. Les gouvernements restent aussi engagés à combattre les déficits publics en réduisant leurs dépenses. « Dans ce contexte, le marché du travail sera plutôt calme en 2012, refroidissant les dépenses de consommation et la construction résidentielle. La croissance du PIB réel canadien devrait atteindre 2,1 % en 2012 et 2,5 % en 2013 », souligne pour sa part le directeur principal et économiste en chef adjoint de Desjardins, M. Yves St-Maurice.
Les exportations internationales de biens et services seront le talon d'Achille de l'Ontario et du Québec compte tenu de la faiblesse de l'économie américaine, de la récession en zone euro et de la situation précaire ailleurs dans le monde. Le huard restera légèrement en dessous de la parité en 2012 ; il ne sera pas assez faible pour donner une impulsion à la fabrication. Le secteur immobilier résidentiel ne brillera pas non plus dans ces deux provinces. L'Ontario devrait subir une contraction des dépenses publiques, alors qu'au Québec c'est l'augmentation du fardeau fiscal, dont l'augmentation de la taxe de vente du Québec (TVQ), qui risque de nuire à la croissance de la consommation des ménages. En revanche, l'investissement des entreprises devrait continuer à stimuler l'économie et à encourager la productivité. Le PIB réel de l'Ontario devrait progresser de 1,9 % en 2012 et de 2,4 % en 2013, alors qu'au Québec la croissance sera respectivement de 1,7 % et de 2,3 %.
Encore des questions sans réponses
Trouver rapidement des solutions à la crise actuelle qui feront l'unanimité entre les 27 pays de l'Union européenne ou les 17 pays membres de la zone euro est un tour de force. Le pacte fiscal conclu en décembre est un pas dans la bonne direction, mais plusieurs questions restent encore sans réponse, surtout sur l'aspect du financement des mécanismes de sauvetage et de stabilisation proposés. Dans une telle situation, il est difficile de prévoir la suite des choses, notamment la réaction des marchés financiers et des agences de notation.
Sauf exceptions, tous les grands pays verront leur croissance ralentir en 2012. La récession qui s'amorce dans la zone euro est plus certaine que l'issue de la crise financière. À 3,1 %, la croissance mondiale sera au seuil de ce que le Fonds monétaire international qualifie de récession mondiale. « Mais tout cela suppose que la crise actuelle s'atténuera graduellement tout au cours de 2012, sans quoi le recul pourrait être plus important », a ajouté M. Dupuis.
La politique intérieure américaine est plutôt conflictuelle et peu propice à créer un environnement favorable à l'amélioration des conditions économiques. Pourtant, les Américains auraient bien besoin d'un leadership économique fort. Même si les indicateurs économiques s'améliorent, aucun ne montre le retour à une croissance soutenue. La croissance économique devrait atteindre 1,8 % en 2012 et 2,1 % en 2013, comparativement à 1,7 % en 2011.
Efforts concertés des banques centrales pour de faibles taux d'intérêt
Les principales banques centrales éviteront d'augmenter leurs taux directeurs en 2012. C'est vrai pour la Réserve fédérale, la Banque du Canada (BdC), la Banque du Japon et la Banque d'Angleterre (BoE). La situation de crise persistante en zone euro incitera la Banque centrale européenne (BCE) à abaisser son taux directeur à 0,50 % d'ici le printemps 2012. En 2013, la BdC pourrait être la première à amorcer le retour graduel des hausses de taux directeurs vers la mi-année, suivie de la BoE et de la BCE. La Fed devrait plutôt attendre au début de 2014.
Si les inquiétudes quant à la zone euro réussissent à s'apaiser, les investisseurs délaisseront graduellement le marché obligataire pour regarder du côté des produits plus risqués, comme les actions. Les principaux indices boursiers américains et canadiens pourraient donc gagner environ 8 % pour chacune des années 2012 et 2013. « La performance des obligations nord-américaines pourrait par contre en souffrir », ont conclu les économistes de Desjardins.
Pour plus de renseignements, consultez la plus récente étude à l'adresse suivante :
www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/previsions/financieres_trimestrielles/.
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